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vendredi 2 décembre 2011

Jésus a t il été marié ?

Que dit la Loi Juive et les Évangiles à ce sujet ? :
La Bible

- Les Évangiles canoniques n'en disant rien, on ne peut donc ni dire qu'il était marié ni qu'il était célibataire. Cependant il est difficile de croire à son célibat tant les anciennes lois juives le réprouvaient :
Un homme devait se marier tôt et avoir une nombreuse descendance, pour la plus grande gloire de Dieu et d'Israël !
Les hommes célibataires ont été considérés comme une malédiction pour la société juive.

- Bien que Jésus ait été un non-conformiste et ait eu beaucoup de conflits avec la tradition juive, ses parents, Joseph et la Marie, ne l'étaient pas. La Bible indique qu'ils faisaient attention à obéir parfaitement aux lois. Hors le judaïsme antique identifiait 5 responsabilités principales d'un père envers son fils, dont une était de se charger de son mariage. A partir du moment où un fils était physiquement mûr (vers 16 ans) son père devait lui trouver une fille éligible. Retarder cela de plus d'une décennie au delà de la puberté était interdit, aucun homme ne pouvant s'abstraire du premier commandement de Dieu : "soyez féconds et se multipliez-vous."
Il est donc raisonnable de supposer que les parents de Jésus avaient respecté leurs devoirs parentaux et avaient trouvé une jeune femme pour Jésus. On ne voit pas pourquoi ils auraient abandonné leurs responsabilités civiques et n'auraient pas contracté un mariage.

- Dans Marc 6, il est écrit :
"Et il sortit de là, et vint dans son pays ; et ses disciples le suivent.
Et le sabbat étant venu, il se mit à enseigner dans la synagogue..."
D'après la loi juive : "Un homme non marié ne peut prétendre enseigner".

- Les Pharisiens cherchaient désespérément à prendre Jésus en défaut d'observance de la loi. Il est remarquable qu'aucun ne lui ait reproché d'être célibataire.

- Le Nouveau Testament ne défend absolument pas le célibat de Jésus, les évangiles canoniques ne s’y intéressent pas, parce que la foi qu’ils proposent n’est surtout pas basée sur des liens familiaux ou sanguins. Ses objectifs sont : que nous devenions frères et sœurs, amis de Christ.
On ne sait pas grand chose de Jésus entre 12 et 30 ans, ceux qui ont écrit les évangiles canoniques ne l'ont connus qu'à partir de ses 30 ans. La seule biographie qu'on ait de lui vient du Nouveau Testament et de ses apôtres, choses qui n'ont été écrites que bien après sa mort. Il existe cependant l'évangile apocryphe de son enfance selon Thomas. Jésus a donc pu être fiancé à l’adolescence, comme la coutume l'exigeait chez les Juifs de l'époque, et ensuite marié lorsqu’il fut en âge de procréer.

Les Noces de Cana (Jean 2:1-11) :
Noces de Cana

Ce mariage villageois semble n'être qu'une modeste cérémonie locale, dont les mariés sont anonymes. Pourtant Jésus y est invité et sa mère également. Cela indique que l'un des mariés fait partie de leur famille.
Quand les jarres de vin sont vides, Marie demande à Jésus de les remplir comme si elle était l’hôtesse, et les serviteurs obéissent comme s'ils avaient l'habitude de recevoir des ordres de Jésus et de sa mère, qui ne sont pourtant censés être que deux invités. C'est normalement à leur hôte de veiller au bon déroulement du repas, à moins qu'il ne s'agisse du propre mariage de Jésus, hypothèse où son intervention directe devient alors plausible :
Le fait que Marie ait demandé à Jésus de compléter le niveau du vin indique il était le responsable de la restauration, et donc que c'était lui le jeune marié.
Ces mots sont manifestement adressés à Jésus puisque c'est lui qui a complété le niveau du vin, et pourtant, dans le texte, le maître d’hôtel parle bien à "l'époux". Ne faut-il pas en conclure, selon toute logique, que l'un et l'autre ne faisaient qu'un ? Néanmoins, la transformation de l'eau en vin me semble être une information à prendre au sens figuré, Jésus a initié des personnes simples (eau), ils les a remplient de vin. J'ai donc fait abstraction de cette notion et pris au premier degrés, afin de parler de la tradition de l'époque au niveau de la cérémonie d'un mariage.
Les Noces de Cana
de Julius V. H. SCHNORR von CAROLSFELD 1908

Et Marie Magdala ? :

Elle est vénérée par les gitans comme l’une des Saintes Maries de la Mer. Certains ont exprimé l'idée qu'elle ait été l'épouse de Jésus, voire qu'elle lui aurait donné descendance. Mais que disent les textes anciens à son sujet ? :

Dans l'évangile apocryphe de Philippe, il est écrit :
"...La compagne du Sauveur était Marie de Magdala. Le Christ l'aimait plus que tous les disciples, et souvent l'embrassait sur la bouche. Les autres disciples s'en offensaient sans chercher à dissimuler leur désapprobation et demandaient à Jésus : Pourquoi l'aimes-tu davantage que chacun de nous? Et le Sauveur de répondre à son tour: Pourquoi ne l'aimerais-je pas plus que vous ?..."

Gravure des Noces de Cana
Collaert Adrian, 1560-1618
On remarquera que Marie de Magdala (Marie-Madeleine) suivait Jésus partout comme le ferait une épouse avec son mari. Et quand Marie-Madeleine a identifié Jésus après sa résurrection, elle l'a appelé "Rabboni" en voulant se jeter dans ses bras (Jean 20:1-18). Hors "Rabboni" est un titre araméen parfois utilisé par une femme quand elle s'adresse à son mari (Jean 20:1-18).

Contrairement à ce qu'on croit souvent, il n'est écrit dans aucun évangile que Marie-Madeleine était une prostituée (ou possédée) : elle est seulement appelée "pécheresse". On peut envisage que sa réputation de pécheresse lui vient de ce qu'elle n'était peut-être pas de religion juive. Mais je pense qu'elle a été désignée comme cela car elle ne faisait pas partie de la "communauté de Jésus".
C’est pourtant à elle que Jésus apparaît en premier le matin de Pâques...

jeudi 25 août 2011

Livre de Job - La Sagesse nous est elle accessible ?

Chemins de la Sagesse ? - Fractale, par Tinky
Le livre de Job propose deux considérations de la Sagesse :

- Une liée à l'inaccessibilité de Dieu (Job 28:1-23) "l'homme en ignore le chemin" "elle se dérobe, elle se cache..." aux décrets insondables de Dieu, il n'y a pas de réponse aux questions des hommes. La sagesse est alors inaccessible. Il y a même une comparaison avec le travail des mines, cela affirme qu'il n'y a pas de mine où trouver la Sagesse.

- Une liée à la morale fondée sur la crainte de Dieu dans laquelle serait la Sagesse. (Job 28:28) C'est aussi dans l'obéissance à la loi de Dieu que l'on trouve la Sagesse d'Abraham. Il y a alors une réponse aux questions des hommes.

Par ces 2 considérations opposées, on peut y voir une marque de l’œuvre composite qu'est le Livre de Job.

Voici comment je comprends cela: la Sagesse demeure parmi les hommes. Dans un cas Dieu est inaccessible, dans l'autre il y a une révélation. L'homme intelligent s'éloigne du Mal, l'homme sage craint Dieu et suit ses lois sans rechercher à comprendre toutes les raisons. Dieu montre les sentiers de la sagesse aux hommes. On retrouve bien là l'image du berger qui guide ses moutons.

D'après la Kabbale (Sepher Yetsirah), il y aurait 32 sentiers de la Sagesse.

Les sages moutons
La leçon de Job est que l'homme intelligent ET sage doit examiner le Bien, ensuite le Mal et enfin revenir au Bien. Celui qui s'en sent capable doit accepter de se salir, d'entrer dans le Mal, pour en sortir ceux qui y sont englués. On peut reproche à Job de n'avoir pas aidé ses enfants à sortir du mal, se contentant de faire des sacrifices à Dieu et Dieu lui a donné une leçon afin de lui donner une chance d'évoluer.

Dans l'épitre de Paul aux Éphésiens 2:8-10, on peut lire la position de Dieu face à l'attitude de Job :

"Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie."

Sources : Bible, Wikipédia JM Maldamé

Livre de Job - un livre composite ? Exégèse

Le Livre de Job
Ce livre de la Bible est écrit en vers à l'exception du prologue et de la conclusion qui sont en prose.
Le genre littéraire du livre de Job est juridique et le modèle littéraire est celui de la plaidoirie.

L’hébreu employé est archaïsant, poétique et donc difficile à traduire. Il utilise des mots rares, voire uniques au livre de Job. Les traductions sont donc des interprétation.

Il est LE plus ancien livre inspiré de la littérature hébraïque, contemporain du Pentateuque.
Le livre de Job aurait été écrit par Moïse, peut être Job lui même. Il comprend 42 chapitres.

Job retrouve la prospérité
Laurent de LA HIRE 1648
Le corps principal du texte est une série de dialogues entre Job et ses amis en 3 parties avec alternance des réponses. Ordre brisé par Elihu. La partie discours de Dieu est très composite, et pas seulement formel car chacun des ajouts participe à une théologie différente. Il y a des incohérences qui permettent de distinguer celles-ci :
Job proteste de son innocence, puis il y renonce. A la fin Dieu déclare que Job est innocent, puis ne l'est pas.
Selon les traductions, Job est pieux (grec), Job est révolté (latin).
L'intégrité est souligné, pour augmenter la dimension théologique de l’œuvre primitive, ce qui donne de la crédibilité aux accusations par sa femme, Satan (qui est le témoin céleste) et ses 3 amis.
Dans le livre de Job, Dieu est écrit : Eloah ou Yahvé, sauf pendant le discours sur la sagesse (Elohim Adonaï).
Tout ceci laisse penser qu'il y a eu des ajouts et que le Livre de Job est une œuvre composite qui a eut au moins cinq étapes :

Le premier récit est simple, il présente Job et sa richesse, qui a réussi dans la soumission de Dieu. Cependant le malheur tombe sur lui, il perd tout.Yahvé restaure la situation de Job. Dans ce récit, l'acteur principale est Yahvé, car Job y est passif, subit, obéit (cf Abraham). L’intérêt est de présenter la souveraineté de Dieu qui donne et qui reprend librement, tout dépend de Dieu, il n'y a pas de lien entre prospérité et moralité. C'est sur cette base principale que s'appuieraient les "évolutions" de l'écriture du livre de Job.


La seconde étape ajouterait les discours alternant entre Job et ses amis, tel un débat théologique sur la justice de Dieu dans ces actes de domination. Le débat est conclu par le premier discours de Yahvé, qui donne tort à la thèse de Job. Job le reconnaît.
Pour comprendre cela, il faut connaitre la situation du peuple élu après l'exil, il est dominé par d'autres peuples puissants. Alors il y a deux façons de penser pour expliquer ce résultat : le peuple a péché, Dieu le punit. Ou bien, le peuple élu est composés de Justes, Dieu ne donne pas ce qu'il a promis, ce à quoi nous sommes en droit d'espérer, Dieu est donc injuste.
S'en suit une plaidoirie de chacune des thèses, les accusations, les défenses, le procès se clôt par le jugement de Dieu. Job a tord, il n'a pas compris Dieu alors il le croit injuste. On ne doit pas demander à Dieu de rendre des comptes sur sa manière de gérer le monde.

La troisième étape de la rédaction du livre de Job, nous amènerait donc semble t il sur le débat théologique sur la Création et la Providence. Deux avis s'affrontent : Les 3 amis de Job pensent que la morale lie le Mal et le malheur, le Bien et le bonheur. Job quant à lui pense que ce n'est pas conforme aux faits, il s'en prend à Dieu, il mets en cause son action dans le monde.
Dieu alors intervient est répond : Dieu est le maître du monde, de toutes les puissances, de la nature... il a tout créé. Il y a non lieu, il est vain de vouloir juger Dieu, Job s'incline, il est débouté de sa plainte.

Mais des questions de Job restent sans réponses claires, sur le Mal surtout... alors c'est pourquoi le livre a été certainement été repris afin d'essayer d'y répondre, ce qui nous amène à la quatrième étape :

L'auteur renverse partiellement le sens du livre et fait de Job un personnage idéalisé, il n'est plus qu'un simple théologien débattant, il est l'acteur qui résiste à la tentation et à la persécution qui vient de Satan. Dans l'introduction en prose, on ajoute ce qui souligne la Justice : Job offre des holocaustes à cause de l'imperfection de ses fils. Les malheurs de Job sont justifiés par l'arrivée de Satan, qui a pour effet de montrer que Dieu estime Job, alors les épreuves ne sont pas là que pour vérifier ce que Dieu sait déjà mais pour le manifester publiquement. Les ajouts en prose souligne l'intégrité de Job, il continue de mettre sa confiance en Yahvé malgré tout ce qui lui est infligé.

Jérusalem est sous la domination perse, tout comme le peuple juif était sous la domination du pharaon en Egypte. Le peuple élu est encore une fois le peuple des pauvres. Il faut donc tenter de donner des éléments à celui ci pour qu'il accepte, si ce n'est comprendre, les décisions de Dieu, car on ne peut plus expliquer la destruction de Jérusalem par le péché (2 et 3ème étape) et culpabiliser le peuple.
Alors l'exemple de Job est donné : Dieu a décidé de sauver Job, il a décidé de libérer son peuple d'Egypte (Exode) DONC : Dieu décidera de sauver Israël de la domination perse si son peuple est intègre et juste comme Job.
Un nouvel acteur est introduit : Satan, correspondant parfaitement à l'agent du mal, notion dualiste perse.
La souffrance est donc expliquée comme générée par Satan et acceptée par Yahvé pour éprouver la fidélité du peuple. Le peuple élu est le véritable témoin de cette fidélité.

La cinquième étape :
L'ajout du discours d'Elihu et du deuxième discours de Yahvé, sont là pour montrer que Dieu a le dernier mot.
Dans les versions précédentes du discours sur la Sagesse, elle était inaccessible. A présent, la Sagesse est accessible. La Sagesse est identifiée à la crainte de Dieu et à la droiture morale.
Comme il serait encore plus compliqué de modifier à nouveau les discours des précédents acteurs du Livre de Job, un quatrième personnage est introduit : Elihu. Et celui ci condamne Job et reproche aux 3 amis de Job leur faible puissance de conviction. L'argumentation des amis de Job est bonne mais elle n'a pas été dite avec assez de conviction. Alors la souffrance infligée à Job devient une correction de son orgueil et de ses erreurs, se pensant irréprochable, celle ci est bonne car elle sert à guider Job dans la vérité, loin de l'erreur et de la mort. Elihu lui détaille alors ses erreurs.
Celui ci devraient être reconnaissant envers Yahvé de toute ces attentions.
Elihu accuse Job d'avoir fait partie des méchants (34:7-8) et puisque Dieu est juste, alors le sort de Job est mérité ! (35:8) Job n'écoute pas Dieu quand il parle et le dit absent et silencieux à tord. (34:14). Job est coupable, la rétribution est juste, la justice de Dieu est implacable : il récolte ce qu'il a semé. (33:19 et 35:5-12) Job est placé en adversaire de Dieu, l'accusateur devient l'accusé.
Alors que Yahvé maitrise tout, même les puissances du Mal (Béhémoth, les montres etc...) Job a osé accuser Dieu, il a donc manquait de crainte de Dieu (et donc de Sagesse).
Job, ayant tout perdu, même ses ultimes convictions, il abandonne celles ci. Il reconnait avoir été dans l'erreur, ainsi que son ignorance, il confirme sa folie et sa prétention, il ne connaissait pas réellement Dieu. Enfin, il s'humilie pour bien marque la place qui lui est sienne : petite et très humble (pénitence sur la poussière et sur la cendre).
On voit donc que Job à présent à tord, alors qu'il avait raison auparavant après cette 5ème étape.
Elihu rappelle à Job et ses amis tous leurs torts et les accable, bouleversant les versions du texte précédentes.
C'est encore une fois sur le contexte historique qu'il faut s'appuyer pour comprendre ces modifications présumées.
La Sagesse est la clef, on la retrouve dans plusieurs textes et en particulier dans livre apocryphe l'Ecclésiastique écrit au tournant du IIème siècle avant JC, le livre de Baruch et le livre de Tobie (Job 33:23). La Sagesse y est fortement liée à la crainte du Seigneur. Ces textes sont moralisateurs et appellent à l'humilité.
Les visions opposées qu'il y a entre la Sagesse de l'Ecclésiastique et l'Ecclésiaste illustrent bien le problème et le choix qu'ont fait certains de retenir l'un et pas l'autre.
La Sagesse est représentée comme une personnification de la Sagesse divine. Elle est pour le disciple une mère, une compagne, une sœur. La rechercher, c'est atteindre Dieu.Vivre avec elle, c'est vivre avec Dieu.
Au IIIème et IIème siècle avant JC, la théologie n'est plus celle des temps anciens où le peuple était pauvre, errant  etc... la nouvelle rédaction par cette 5ème étape vient intégrer le contexte politique de la relative autonomie de Jérusalem dans ces temps là. Il n'y a plus d’oppresseur ni d'opprimé, il y a moins de pauvres, le débat avec l'hellénisation commence. Des tensions et des divisions se font sentir dans la communauté juive de l'époque, entre ceux qui sont pour l'hellénisation, liés au rois d'Egypte, et les autres. Des sectes juives se créent. Des textes sur la Sagesse s'impose donc, pour faire barrière à la prétention de la sagesse du monde grec. D'où la présence des monstres (qui sortaient un peu de nulle part, obscurcissant le second discours de Yahvé) les Béhémoth et autres Léviathan. Ce sont des monstres primitifs et les représentations des puissances politiques ainsi que des animaux égyptien.

Sources : Bible et Wikipédia