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mardi 30 août 2011

Exégèse - compréhension de la Bible

Parchemin de Qumrän
L'exégèse a pour finalité de permettre de comprendre la diversité d'un livre de la Bible et ses apparentes incohérences. Celles si sont expliquées par la présence de réécritures en plusieurs couches, l’œuvre devient composite à cause de ces nombreux ajouts et modifications. Voilà donc une des raisons pour laquelle la Bible se révèle difficile à comprendre d'un premier abord.

Pour le livre de Job, comme je l'ai détaillé dans d'autres messages sur ce blog, il y a eu a la base un texte court, proche de la légende, puis l'addition des premiers dialogues/débats correspondants au débat à Jérusalem relatif au statut de l'Exil. Alors s'en suit un second ajout de dialogues mettant Job en valeur, représentant ceux qui souffrent. Ensuite une troisième adjonction de dialogues dans lesquels Job est accablé, cela sous l'influence d'un contexte politique et social très différent.

L'exégèse critique et historique, analyse le texte dans ses contradictions et se réfère à des documents historiques à des périodes où se pose toujours la même question du Mal présent dans le monde. Ainsi on peut comprendre pourquoi et comment une œuvre a évoluée et n'est pas restée totalement fixée dés le début et cela pendant des centaines d'années. Les auteurs inspirés ont affiné les textes en fonction de ce que le peuple juif vivait, de leurs questions, et aspirations, répondant ainsi à leurs besoins, comme une nourriture spirituelle adaptée en fonction des circonstances.

Sources : Bible, Wikipédia, JM Maldamé

lundi 29 août 2011

Contradictions et Ajouts relevés - Livre de Job

La patience de Job, Gérard SEGHERS XVIIème siècle
1- Le prologue (chap 1:1 et 2:13) : 
Le texte en prose présente les protagonistes du drame et les souffrances de Job.
Le texte souligne la valeur de Job et la responsabilité de Dieu dans la conduite des événements.
Le prologue présente Job comme un homme pieux, humble et obéissant.


2-La visite des 3 amis (chap 3:1 à 31:40)
Job se plaint, maudit, espère la mort, plaide la cause de l'homme soumis à l'épreuve (3:20-28)
, il proteste de l'injustice de son sort, il se dit innocent et accuse Dieu.
Alors que ses 3 amis s'expriment chacun à sa façon, en cherchant à le consoler par divers arguments, ces derniers exaspèrent Job.
Ils cherchent ensembles l’origine des souffrances de Job, mais Job réplique à chacune de leurs paroles et réfute leurs arguments.
Job se considère comme un homme juste qui fait son devoir et qui n'a rien à se reprocher. On pourrait même croire qu'il se croit "parfait" !
Job croit même que Dieu le considère comme un ennemi (13:24), à noter que son nom "eyove" est  l'anagramme de "oyeve", c'est à dire "ennemi" en hébreu.
Job pense être victime d'une grande injustice et demande à comprendre Dieu.
Il accuse Dieu de cacher aux hommes la vraie Sagesse.
N'est ce pas contradictoires ? Si Job était comme le prologue l'a décrit, il n'aurait pas agit avec si peu de humilité, d'obéissance et de respect. Il envoie balader sa femme, ses amis qui viennent l'aider et même Dieu !

3-Discours d'Elihu (chap 32:1-37:24)
Elihu est beaucoup plus jeune que tout le monde, jusqu'alors il a écouté avant de prendre la parole.
Enfin, il explique donc à Job et ses 3 amis quelle est la vraie cause de cette épreuve, ce qu'est véritablement Dieu et les merveilles de sa création.
Job a donné des réponses dignes d'homme injuste et à ce péché il a ajouté une faute plus grave : penser triompher et prodiguer ses propos contre Dieu.

Job sur le fumier visité par ses amis et sa femme
illustrateur de la Bible de Petrus Comestor 1372
4- Discours de Dieu (chap 38:1-41:25)
Enfin Yahvé s'exprime pour appuyer Elihu (qui semble ici avoir introduit, préparé l'intervention de Yahvé, comme Elie prépare la venue du Messie), reprenant d'une manière plus forte certaines notions du discours d'Elihu. Il remet l'homme à la sa place par rapport à celle de son dieu. L'homme doit tout à Yahvé, il n'a pas à lui demander de justifier ses actes, encore moins de l’accuser et de le juger. La Justice de Yahvé est à une autre échelle que celle des hommes

5- L'épilogue - Job délivré (chap 42:1-42:17)
L'épilogue survient au chapitre 42 et Job répond à Dieu qu'il a enfin compris le sens du divin.
Il explique qu'il ne connaissait Dieu que par tradition, coutume et mimétisme.
Sa souffrance aura duré 12 mois, comme le temps de "purification dans le Géhenne".

 Après abstraction de sa personne, s'être humilié, repenti, fait des prières pour ses amis, il a fait "téshouva" (retour) avec eux autour de l’autel des holocaustes. Les 3 amis de Job : Éliphaz le Thémanite, et Bildad le Shukhite, et Tsophar le Naamathite, qui pour être restés aux cotés de Job, pour avoir tenté de le consoler, de l'aider, se retrouvent accablés de reproches et blâmés par Yahvé. Alors Job intervient en leur faveur, et ils ne sont finalement pas punis par Yahvé. Cela me semble être un ajout, on ne blâme pas des amis fidèles imparfaits, ils ont utilisés les seuls arguments qu'ils avaient dans le but de faire le Bien. Au début même ils se taisent, ne sachant que faire et dire, ils restent à coté de leur ami Job. Par leur présence ils prouvent leur amitié. Ce n'est que lorsque Job commence à élever la voix qu'ils cherchent avec lui des "raisons". Lorsque la situation de Job est rétablie par Dieu, le récit nous dit qu'il vit venir vers lui tous les frères ! Ils viennent aprés le drame, et eux ne sont pas blâmés ?!

Job est délivré de ses souffrances, et retrouve dix enfants et le double de ses richesses matérielles anciennement perdues. On retrouve là un calcul d’apothicaire qui ne me plait guère, n'était ce pas suffisant pour Job d'avoir compris cela, d'après récupéré ce qu'il avait perdu ? Il faudrait à présent attendre le double lorsqu'on récupère ce que l'on a perdu ? N'est pas là une notion babylonienne d'usurier ?
Cela semble être un ajout. Tout est à Yahvé, il donne, il reprend, il n'y a pas de règles.
Il aurait donc eu 10 enfants (7 garçons + 3 filles) qu'il aurait "perdus" et , donc il y a une différence, pas de double ici, peut être parce que cela aurait été un peu "abusé", en tout Job aurait du avoir eu 30 enfants... bon courage à son épouse !


A noter aussi que la femme de Job n'apparait pas dans l'épilogue, ni dans les dialogues; c'est certainement un ajout, sans ce passage le texte reste parfaitement cohérent. Il semble qu'elle soit revenue vers Job, vu qu'il a donc eu 10 nouveaux enfants. Pas de règle du "double" là aussi. Il semble qu'elle soit la même vu que rien est dit au contraire. Il n'est pas écrit "une des femmes de Job" mais "sa femme", une seule suffit.

Satan n'est pas mis en cause à la fin
, ce qui cause un déséquilibre dans la récit.
Les versets 5 à 13 du 1er chapitre avec Satan, seraient un ajout.
Job sur le fumier Jean Fouquet 1452-60
A noter que le texte reste cohérent sans ce passage.
Job ne parle pas de Satan, il s'adresse à Yahvé qui lui a infligé ses souffrances.
Dans le récit d'origine Yahvé est seul responsable, dans la rédaction ultérieur on fait intervenir une fois de plus "Satan" (la même chose se passe dans les livres des Rois, et les secondes Chroniques).
Les Sabéens, nomades pillards détruisent la fortune de Job, sans Satan, ainsi jusqu'à la fin le récit est équilibré.

La maladie de Job, le fameux "ulcère malin" (Job 2:7) souvent déterminée comme la "lèpre" semble être un ajout aussi. Il n'est pas question de guérison de Job dans l'épilogue, mais du rétablissement de sa situation. Dans les discours il n'est pas question de la maladie de Job, mais de sa souffrance morale. Job ne se plaint pas de maladie, mais de sa détresse due à la perte de sa fortune et de sa famille. Cela laisse penser qu'il s'agit d'un ajout.

Le discours d'Elihu n'est pas mentionnés en conclusion, il fait double emploie par rapport au discours de Yahvé, plus fort et plus complet. Elihu n'est pas présenté comme un des amis de Job, et on ne connait sa présence que lorsqu'il prend la parole, contrairement aux 3 amis de Job.

Pourquoi 2 discours de Yahvé ? Le second n'apporte rien au premier, à la fin des deux Job a une réponse sensiblement identique. Il met sa main sur la bouche puis s'incline (chap 40:3-5). Le second discours de Yahvé se relance avec les monstres Léviathan, Béhémoth etc.. puis Job répond qu'il sait que Yahvé est tout puissant et il retire ses paroles. (chap 42:1-6). Second discours qui est on ne peut plus hermétique et plein de symboles à la limite de l'ésotérisme...

Ou bien le livre de Job que l'on a de nos jours est très incomplet...

Sources : Bible, Wikipédia

jeudi 25 août 2011

Livre de Job - La Sagesse nous est elle accessible ?

Chemins de la Sagesse ? - Fractale, par Tinky
Le livre de Job propose deux considérations de la Sagesse :

- Une liée à l'inaccessibilité de Dieu (Job 28:1-23) "l'homme en ignore le chemin" "elle se dérobe, elle se cache..." aux décrets insondables de Dieu, il n'y a pas de réponse aux questions des hommes. La sagesse est alors inaccessible. Il y a même une comparaison avec le travail des mines, cela affirme qu'il n'y a pas de mine où trouver la Sagesse.

- Une liée à la morale fondée sur la crainte de Dieu dans laquelle serait la Sagesse. (Job 28:28) C'est aussi dans l'obéissance à la loi de Dieu que l'on trouve la Sagesse d'Abraham. Il y a alors une réponse aux questions des hommes.

Par ces 2 considérations opposées, on peut y voir une marque de l’œuvre composite qu'est le Livre de Job.

Voici comment je comprends cela: la Sagesse demeure parmi les hommes. Dans un cas Dieu est inaccessible, dans l'autre il y a une révélation. L'homme intelligent s'éloigne du Mal, l'homme sage craint Dieu et suit ses lois sans rechercher à comprendre toutes les raisons. Dieu montre les sentiers de la sagesse aux hommes. On retrouve bien là l'image du berger qui guide ses moutons.

D'après la Kabbale (Sepher Yetsirah), il y aurait 32 sentiers de la Sagesse.

Les sages moutons
La leçon de Job est que l'homme intelligent ET sage doit examiner le Bien, ensuite le Mal et enfin revenir au Bien. Celui qui s'en sent capable doit accepter de se salir, d'entrer dans le Mal, pour en sortir ceux qui y sont englués. On peut reproche à Job de n'avoir pas aidé ses enfants à sortir du mal, se contentant de faire des sacrifices à Dieu et Dieu lui a donné une leçon afin de lui donner une chance d'évoluer.

Dans l'épitre de Paul aux Éphésiens 2:8-10, on peut lire la position de Dieu face à l'attitude de Job :

"Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie."

Sources : Bible, Wikipédia JM Maldamé

Pourquoi Job ? Le bouc émissaire

The Scapegoat - William Holman Hunt
Ici il faut comprendre ce qu'étaient les sacrifices/holocauste individuels et la notion juive du bouc/bélier portant sur lui tous les péchés d'Israël. Chez les chrétiens Jésus est présenté dans les Évangiles comme un agneau immolé, expiant les péchés du monde.

Lorsque Israël est en détresse, il se libère des accusations de Satan, en lui jetant sa part, il lui donne un os à ronger. Le bouc émissaire est ainsi offert en sacrifice chez les juifs (certains jours de fête), comme part occupant Satan qui néglige de requérir alors contre Israël.

Pour sévir contre Pharaon, Dieu a attendu que Satan soit "occupé avec Job, car cela a permis aux Hébreux de sortir d'Egypte sans encombre, protégés du Mal. C'est peut être la raison pour laquelle Dieu a autorisé Satan à requérir contre des Justes. Ils n'ont pas soufferts gratuitement.

Il était donc nécessaire d'accorder à Satan une victime expiatoire, de la lignée d'Abraham, car ce dernier avait changé de sacrifice à la demande de l'Ange, sacrifice déjà placé sur l'autel. Satan demanda la part de la chair d'Abraham qu'il n'a pas eu, puisque son fils Isaac a été remplacé par un bélier. Alors Job, apparenté à Abraham, vient combler cette lacune.

Lors des festins successifs des 7 fils de Job, ceux-ci  invitaient leurs 3 sœurs, les écrits juifs (Zohar) insinuant par là des relations incestueuses. Satan, l'ange qui accuse, désignait Job comme responsable et victime, mais Dieu refuse cette accusation, Job étant intègre et droit, craignant Dieu et évitant le mal ! Job purifiait ses fils par un holocauste individuel à Dieu, mais il ignorait Satan, ne lui donnant pas sa part. S'il l'avait fait, il aurait occupé Satan et aurait pu ainsi élever "sa partie sainte". Mais Job a commis cette erreur, parce qu'il ne voulait pas reconnaître le Mal et l'affronter. Il n'était pas tout à fait intègre comme il se pensait et disait être, il agissait par mimétisme et coutume.

Notion de "bouc émissaire" dans le Zohar  :
"Ceci est comparable à un berger qui voit un loup se jeter sur son troupeau de menu bétail; il lui lance le bouc le plus fort du troupeau pour l'occuper; pendant le temps du combat, le troupeau traverse la rivière et il est sauf.
Anecdote : "un bouc était envoyé par certains bergers d'Amérique du sud pour attirer sur lui les piranhas infestant les rivières tandis que le reste du troupeau passait sans dommage à un autre gué."


Sources : Zohar, Bible, Wikipédia

Parallèle entre le destin d'Abraham et celui de Job

Voici les similitudes que j'ai trouvés entre le destin de Job et d'Abraham :

- ils sont de la même famille.
- ils sont considérés par leur entourage
- ils ont subis des épreuves
- ils sont réputés craignant Dieu.
- ils ont la Foi.
- leur parcours dans la vie :
- ils sont nés nus et morts riches.
- ils sont parvenu à la connaissance du divin.

A présent les différences :

Abraham parle à Dieu qui lui répond, très tôt dans sa vie, intime avec Dieu, alors que Job doit attendre la fin de ses épreuve.
Abraham est actif dans l'épreuve, éprouvé dans sa progéniture, il garde le silence et agit selon les directives divines. Job est passif, il parle avec audace et même colère de ce qui lui arrive.
Abraham est confiant dans l'épreuve, Job juge Dieu, exprime son mécontentement.
Abraham a plus d'amour que de crainte, Job inversement.
Job sur son fumier avec ses 3 amis
Gustave Doré 1866
En ce qui concerne l'hospitalité, les prières, Abraham cherche ceux qui ont besoin d'aide, Job reste chez lui dans sa maison ouverte des 4 coté, il attend qu'on vienne le sollicité. (Job=éyové = iyo-bet = peut être traduit par son ile est la maison) Abraham prie pour les autres, pour son neveu Lot, Job prie que pour lui même, sauf à la fin il prie pour les autres (3 amis).
La peur est le moteur de Job dans la vie, Abraham est courageux et magnanime.
Abraham est vêtu de gloire, Job pas très glorieux. Job se croyait parfait, or la perfection n'est que dans le divin.

Le livre de Job : Résumé

Satan s'adressant à Dieu - Corrado Giaquinto ca1750
C'est une démonstration de la Sagesse supérieure et du sens divin, ainsi que du rôle de Satan.

Pour comprendre ses épreuves, il convient de considérer l’œuvre de Dieu dans la vie de l'homme :
le perfectionnement. Dans ce livre on trouve le véritable sens de l'épreuve et de la souffrance.Ce n'est pas toujours le signe d'une punition pour faute commise mais une occasion de formation, d'instruction.

Job est tout à coup l'objet d'un pari dans les hautes sphères spirituelles, entre Dieu et Satan. Satan est un ange particulier qui tente, corrompt, puis accuse devant Dieu celui qu'il a tenté ou corrompu et, enfin, il est l'exécuteur des basses besognes; c'est lui qui tue, il est assimilé à l'ange de la mort et de l'impureté.

Scènes de la vie de Job
Maître flamand inconnu 1480-90
Satan propose un pari lié à la foi de Job : dépouillé de ses biens, de ses serviteurs, de son hérédité, de son honneur, de sa santé, il finirait par maudire Dieu. Dieu laisse faire Satan, tout en lui interdisant d'attenter à la vie de Job, ni de toucher à son âme.

Job perd successivement le petit et le gros bétail, ses chameaux et ses serviteurs (esclaves ?), ses enfants, puis il est atteint de la lèpre, il perd par ce moyen trois choses : son apparence, sa socialisation et son espérance de vie. En dépit de tout cela, "Job ne pèche pas par la parole", bien qu'il pense que Dieu est responsable de ce qui lui arrive.

Job annonce Jésus Christ qui a mis fin de manière décisive à la religion sacrificielle.
Le livre met en conflit deux conceptions de Dieu :
Le Dieu des amis de Job cautionne aveuglément le système de la victime émissaire (bouc ?), tandis que le Dieu de Job est le défenseur, celui qui écoute la voie du juste et le sauve de la persécution.

Sources : Bible, Wikipédia

Livre de Job - un livre composite ? Exégèse

Le Livre de Job
Ce livre de la Bible est écrit en vers à l'exception du prologue et de la conclusion qui sont en prose.
Le genre littéraire du livre de Job est juridique et le modèle littéraire est celui de la plaidoirie.

L’hébreu employé est archaïsant, poétique et donc difficile à traduire. Il utilise des mots rares, voire uniques au livre de Job. Les traductions sont donc des interprétation.

Il est LE plus ancien livre inspiré de la littérature hébraïque, contemporain du Pentateuque.
Le livre de Job aurait été écrit par Moïse, peut être Job lui même. Il comprend 42 chapitres.

Job retrouve la prospérité
Laurent de LA HIRE 1648
Le corps principal du texte est une série de dialogues entre Job et ses amis en 3 parties avec alternance des réponses. Ordre brisé par Elihu. La partie discours de Dieu est très composite, et pas seulement formel car chacun des ajouts participe à une théologie différente. Il y a des incohérences qui permettent de distinguer celles-ci :
Job proteste de son innocence, puis il y renonce. A la fin Dieu déclare que Job est innocent, puis ne l'est pas.
Selon les traductions, Job est pieux (grec), Job est révolté (latin).
L'intégrité est souligné, pour augmenter la dimension théologique de l’œuvre primitive, ce qui donne de la crédibilité aux accusations par sa femme, Satan (qui est le témoin céleste) et ses 3 amis.
Dans le livre de Job, Dieu est écrit : Eloah ou Yahvé, sauf pendant le discours sur la sagesse (Elohim Adonaï).
Tout ceci laisse penser qu'il y a eu des ajouts et que le Livre de Job est une œuvre composite qui a eut au moins cinq étapes :

Le premier récit est simple, il présente Job et sa richesse, qui a réussi dans la soumission de Dieu. Cependant le malheur tombe sur lui, il perd tout.Yahvé restaure la situation de Job. Dans ce récit, l'acteur principale est Yahvé, car Job y est passif, subit, obéit (cf Abraham). L’intérêt est de présenter la souveraineté de Dieu qui donne et qui reprend librement, tout dépend de Dieu, il n'y a pas de lien entre prospérité et moralité. C'est sur cette base principale que s'appuieraient les "évolutions" de l'écriture du livre de Job.


La seconde étape ajouterait les discours alternant entre Job et ses amis, tel un débat théologique sur la justice de Dieu dans ces actes de domination. Le débat est conclu par le premier discours de Yahvé, qui donne tort à la thèse de Job. Job le reconnaît.
Pour comprendre cela, il faut connaitre la situation du peuple élu après l'exil, il est dominé par d'autres peuples puissants. Alors il y a deux façons de penser pour expliquer ce résultat : le peuple a péché, Dieu le punit. Ou bien, le peuple élu est composés de Justes, Dieu ne donne pas ce qu'il a promis, ce à quoi nous sommes en droit d'espérer, Dieu est donc injuste.
S'en suit une plaidoirie de chacune des thèses, les accusations, les défenses, le procès se clôt par le jugement de Dieu. Job a tord, il n'a pas compris Dieu alors il le croit injuste. On ne doit pas demander à Dieu de rendre des comptes sur sa manière de gérer le monde.

La troisième étape de la rédaction du livre de Job, nous amènerait donc semble t il sur le débat théologique sur la Création et la Providence. Deux avis s'affrontent : Les 3 amis de Job pensent que la morale lie le Mal et le malheur, le Bien et le bonheur. Job quant à lui pense que ce n'est pas conforme aux faits, il s'en prend à Dieu, il mets en cause son action dans le monde.
Dieu alors intervient est répond : Dieu est le maître du monde, de toutes les puissances, de la nature... il a tout créé. Il y a non lieu, il est vain de vouloir juger Dieu, Job s'incline, il est débouté de sa plainte.

Mais des questions de Job restent sans réponses claires, sur le Mal surtout... alors c'est pourquoi le livre a été certainement été repris afin d'essayer d'y répondre, ce qui nous amène à la quatrième étape :

L'auteur renverse partiellement le sens du livre et fait de Job un personnage idéalisé, il n'est plus qu'un simple théologien débattant, il est l'acteur qui résiste à la tentation et à la persécution qui vient de Satan. Dans l'introduction en prose, on ajoute ce qui souligne la Justice : Job offre des holocaustes à cause de l'imperfection de ses fils. Les malheurs de Job sont justifiés par l'arrivée de Satan, qui a pour effet de montrer que Dieu estime Job, alors les épreuves ne sont pas là que pour vérifier ce que Dieu sait déjà mais pour le manifester publiquement. Les ajouts en prose souligne l'intégrité de Job, il continue de mettre sa confiance en Yahvé malgré tout ce qui lui est infligé.

Jérusalem est sous la domination perse, tout comme le peuple juif était sous la domination du pharaon en Egypte. Le peuple élu est encore une fois le peuple des pauvres. Il faut donc tenter de donner des éléments à celui ci pour qu'il accepte, si ce n'est comprendre, les décisions de Dieu, car on ne peut plus expliquer la destruction de Jérusalem par le péché (2 et 3ème étape) et culpabiliser le peuple.
Alors l'exemple de Job est donné : Dieu a décidé de sauver Job, il a décidé de libérer son peuple d'Egypte (Exode) DONC : Dieu décidera de sauver Israël de la domination perse si son peuple est intègre et juste comme Job.
Un nouvel acteur est introduit : Satan, correspondant parfaitement à l'agent du mal, notion dualiste perse.
La souffrance est donc expliquée comme générée par Satan et acceptée par Yahvé pour éprouver la fidélité du peuple. Le peuple élu est le véritable témoin de cette fidélité.

La cinquième étape :
L'ajout du discours d'Elihu et du deuxième discours de Yahvé, sont là pour montrer que Dieu a le dernier mot.
Dans les versions précédentes du discours sur la Sagesse, elle était inaccessible. A présent, la Sagesse est accessible. La Sagesse est identifiée à la crainte de Dieu et à la droiture morale.
Comme il serait encore plus compliqué de modifier à nouveau les discours des précédents acteurs du Livre de Job, un quatrième personnage est introduit : Elihu. Et celui ci condamne Job et reproche aux 3 amis de Job leur faible puissance de conviction. L'argumentation des amis de Job est bonne mais elle n'a pas été dite avec assez de conviction. Alors la souffrance infligée à Job devient une correction de son orgueil et de ses erreurs, se pensant irréprochable, celle ci est bonne car elle sert à guider Job dans la vérité, loin de l'erreur et de la mort. Elihu lui détaille alors ses erreurs.
Celui ci devraient être reconnaissant envers Yahvé de toute ces attentions.
Elihu accuse Job d'avoir fait partie des méchants (34:7-8) et puisque Dieu est juste, alors le sort de Job est mérité ! (35:8) Job n'écoute pas Dieu quand il parle et le dit absent et silencieux à tord. (34:14). Job est coupable, la rétribution est juste, la justice de Dieu est implacable : il récolte ce qu'il a semé. (33:19 et 35:5-12) Job est placé en adversaire de Dieu, l'accusateur devient l'accusé.
Alors que Yahvé maitrise tout, même les puissances du Mal (Béhémoth, les montres etc...) Job a osé accuser Dieu, il a donc manquait de crainte de Dieu (et donc de Sagesse).
Job, ayant tout perdu, même ses ultimes convictions, il abandonne celles ci. Il reconnait avoir été dans l'erreur, ainsi que son ignorance, il confirme sa folie et sa prétention, il ne connaissait pas réellement Dieu. Enfin, il s'humilie pour bien marque la place qui lui est sienne : petite et très humble (pénitence sur la poussière et sur la cendre).
On voit donc que Job à présent à tord, alors qu'il avait raison auparavant après cette 5ème étape.
Elihu rappelle à Job et ses amis tous leurs torts et les accable, bouleversant les versions du texte précédentes.
C'est encore une fois sur le contexte historique qu'il faut s'appuyer pour comprendre ces modifications présumées.
La Sagesse est la clef, on la retrouve dans plusieurs textes et en particulier dans livre apocryphe l'Ecclésiastique écrit au tournant du IIème siècle avant JC, le livre de Baruch et le livre de Tobie (Job 33:23). La Sagesse y est fortement liée à la crainte du Seigneur. Ces textes sont moralisateurs et appellent à l'humilité.
Les visions opposées qu'il y a entre la Sagesse de l'Ecclésiastique et l'Ecclésiaste illustrent bien le problème et le choix qu'ont fait certains de retenir l'un et pas l'autre.
La Sagesse est représentée comme une personnification de la Sagesse divine. Elle est pour le disciple une mère, une compagne, une sœur. La rechercher, c'est atteindre Dieu.Vivre avec elle, c'est vivre avec Dieu.
Au IIIème et IIème siècle avant JC, la théologie n'est plus celle des temps anciens où le peuple était pauvre, errant  etc... la nouvelle rédaction par cette 5ème étape vient intégrer le contexte politique de la relative autonomie de Jérusalem dans ces temps là. Il n'y a plus d’oppresseur ni d'opprimé, il y a moins de pauvres, le débat avec l'hellénisation commence. Des tensions et des divisions se font sentir dans la communauté juive de l'époque, entre ceux qui sont pour l'hellénisation, liés au rois d'Egypte, et les autres. Des sectes juives se créent. Des textes sur la Sagesse s'impose donc, pour faire barrière à la prétention de la sagesse du monde grec. D'où la présence des monstres (qui sortaient un peu de nulle part, obscurcissant le second discours de Yahvé) les Béhémoth et autres Léviathan. Ce sont des monstres primitifs et les représentations des puissances politiques ainsi que des animaux égyptien.

Sources : Bible et Wikipédia

L'épouse de Job

Job et sa femmeGeorges de LA TOUR 1650 
La femme de Job n’aurait été autre que Dina, la fille de Jacob. Job était grandit par son épouse, elle-même convertie au monothéisme et craignant Dieu.

Le livre de Job ne la cite que dans un seul verset 2:9 : "sa femme lui dit :  Persévères-tu encore dans ta piété ? Maudis Dieu et meurs ! "

Le lecteur non avisé trouvera cette intervention violente, voire terrible selon la version et la traduction de sa Bible. Là où il serait si facile, une fois de plus, de jeter l’opprobre sur la Femme et la définir comme une personne demandant, dés la première occasion, à l'Homme de pécher et de blasphémer. La fameuse femme qui conseille mal, la tentatrice...

Je ne suis pas d'accord, et je préfère défendre ici la femme de Job, voici comment je comprend le sens de cette phrase :
Saisissant la situation avant son époux, réaliste, la femme de Job lui demande de cesser de simuler une piété qui ne vient pas d'une réflexion profonde, mais d'un mimétisme ou d'une accoutumance. Elle lui dit alors de s'agenouiller devant Dieu avant de mourir, puisque étant atteint par la lèpre, sa fin était annoncée. La mort abrègerait les souffrances de son mari.
Job et sa femme
Albrecht DURER
1503

NB : traduction officielle la femme demande à Job de "renier Dieu", "barekh" ayant les deux sens, bénir et s'agenouiller, pouvant générer le sens de maudire ou de blasphémer. Je retiens donc le sens positif pour les paroles de la femme de Job.

La femme de Job a plus de discernement que lui de sagesse, c'est pourquoi par son influence et ses propos, elle "grandit" Job. Il faudra 40 chapitres avant que Job ne parvienne à comprendre son destin. Sans les propos de sa femme dans un seul verset, il n'aurait peut-être pas compris...

On notera que malgré cela l'auteur du livre de Job ne prend pas la peine de nommer cette femme et ne la fait intervenir qu'une seule fois. Un bel exemple du patriarcat, mais cela est courant dans la Bible, peu de femmes sont nommées en proportion.

Sources : Bible et Wikipédia

Qui était Job ? Où a t il vécu ?

Job vient de l’hébreu : iyov eyove qui peut être traduit comme "celui qui est oppressé".


Certains ont émis l’opinion qu’il aurait vécu à l’époque de Moïse, d’autres à celle des explorateurs, d’autres également lors du retour de l’exil de Babylone. Il est aussi une opinion selon laquelle Job n’a jamais existé, son livre étant pure allégorie.

D'après la Bible il vivait à l'époque dite "patriarche", du culte non organisé, le chef famille est alors l'autorité absolue.
Job aurait vécu 210 ans (la durée de l'esclavage des hébreux en Égypte).



Il était considéré comme un homme sage, juste et droit, craignant Dieu, qui considérait qu'il n'avait rien à se reprocher, rendant toujours le double de ce qu'il devait.
Il était appelé par le Pharaon pour des conseils et avait 10 enfants : 7 garçons 3 filles
Ses troupeaux et serviteurs (esclaves ?) nombreux excitaient certainement la convoitise des tribus nomades.

Job est apparenté à Abraham, descendant de son neveu Ou'ts, fils de Nahor et de Milkah.
Son caractère fait penser à Abraham, son témoignage est d'une importance extrême pour ceux qui souffrent.
Ézéchiel 14:14-20 parle de Job (au même plan que Noé et Daniel). L’apôtre Jacques donne son endurance en exemple (Jacques 5:11)

Pays d'Uz - Biblos.com
Il aurait vécu au pays d'Uz ou encore "Uts/Huts/Ous/Outs/Ouç/Hus" (la force en hébreux) qui est peut être la contrée au sud est de la Jordanie (proche de la Judée). Il y a bien sur des doutes sur ce lieu, au vu de ces différentes orthographes toutes très proches de la même phonétique. On notera que s'il est descendant d'Ou'ts un des neveux d'Abraham, cela peut être simplement : le pays de son ancêtre.
Plusieurs sites pourraient convenir, peut être au nord est de la Palestine, vers Eden...Il y a aussi le pays d'Ausitide (Sud de Damas), d'Ur en Chaldée...
Job était un édomite (peuple Edom, en Idumée) converti au monothéisme. Les édomites se sont déplacés de nombreuses fois, rendant difficile la précision du lieu.

Sources : Bible et Wikipédia